03 mars 2011

DSK disciple de Gary Becker

e n’est pas d’aujourd'hui que l’on s’interroge sur la vraie nature de Dominique Strauss-Kahn. Le 18 janvier 2010, dans Libération, Jacques Julliard écrivait que la gauche ne saurait être représentée par un représentant de l’establishment financier. Julliard expliquait qu’élire un candidat incapable d’établir un rapport de forces avec les représentants du milieu dont il serait issu conduirait aux mêmes impasses et aux mêmes désillusions que l’alliance centriste. Ce sociologisme un peu court étonnait de la part d’une des grandes plumes et grandes consciences de gauche. Plus affligeant est le néo-pétainisme larvé de Christian Jacob. Le patron des députés UMP vient d'affirmer que le possible candidat socialiste à la présidentielle n'offrait pas « l'image de la France, de la France rurale, de la France des terroirs et des territoires, de la France qu'on aime bien ». En traitant le directeur du Fonds monétaire international d’ « affameur des peuples », Jean-Luc Mélenchon exploite la même veine.

C’est pourquoi nous voudrions rappeler que DSK a été un disciple de l’École de Chicago. Peut-être cela permettra-il de calmer les esprits et de relever le niveau du débat ? Il se trouve que la thèse, cachée, oubliée, de doctorat ès sciences économiques que Strauss-Kahn a soutenue à la fin de ses études, et qu’il a publiée sous le titre Économie de la famille et accumulation patrimoniale (PUF, 1977) est directement inspirée de Gary Becker, comme le révèle Le jour où la France sortira de l’euro (Michalon édition novembre 2010). L’économiste le plus sulfureux de l’Université de Chicago, théoricien du « capital humain », prix Nobel en 1992, Becker a appliqué le raisonnement économique à des domaines qui jusque-là lui étaient étrangers, par exemple l’éducation, le crime, mais aussi le mariage, ou la « production » des enfants. Et l’on retrouve sous la plume de DSK des réflexions typiquement beckeriennes, jargon compris.  Ainsi le futur époux d’Anne Sinclair pouvait-il écrire : « On ne se marie pas avec n’importe qui ; on ne souhaite pas indifféremment beaucoup ou peu d’enfants et nous pouvons dire que tout se joue comme si des motivations économiques résumaient une bonne part des variations observées dans les attitudes des ménages » (p. 277). Une prémonitoire auto-psychanalyse économique de l’amour !

Au-delà de ce mystère privé que nous nous garderons bien de scruter, force est de reconnaître que l’École de Chicago, dont s’inspire le docteur Strauss-Kahn, n’a pas beaucoup de points communs avec le socialisme, ni même avec la social-démocratie. La foi dans l’efficience des marchés y est aussi entière que  la détestation de l'État.

Les Strauss-Kahniens, qui se gardent bien de rappeler la source néo-libérale d’inspiration de leur champion, mettent en avant le fait, à tout bout de champ comme brevet de gauche, qu’il serait l’« inventeur des 35 heures ». On n’a rien entendu de  la bouche de DSK sur ce thème depuis fort longtemps. C’est Martine Aubry qui a fait les lois réduisant à 35 heures la durée légale du travail en France, les célèbres et justement nommées lois Aubry, Strauss-Kahn restant dans une prudente réserve, fort critique dans les coulisses, quand  la « Dame des 35 heures » se battait en première ligne.

Une autre fortification, derrière laquelle Strauss-Kahn s’abrite quand il s’exprime (rarement) sur ses convictions est que son socialisme à lui, c’est « le marché plus la justice sociale », que pour répartir des richesses, il faut d’abord les produire, etc, etc. C'est ce qu'il a répété lors de son dernier passage à Paris. Mais Sarkozy ne dit pas autre chose. Même l’extrême-droite ne dit pas autre chose. Comme l’a déclaré récemment le patron du FMI, en personne, à propos de la Grèce : la plupart des gens comprennent qu'il n'y a pas d'autre voie - que celle que je préconise.

La plupart des gens, c’est suffisant pour gagner une élection, non ?

Posté par SIMONNOT PHILIPP à 10:54 - Commentaires [31] - Permalien [#]


Commentaires sur DSK disciple de Gary Becker

    NON, DSK N’EST PAS UN LIBERAL !

    Cher Monsieur Simonnot, fidèle lecteur de vos ouvrages, c’est avec beaucoup d’appréhension que je me permets de vous écrire, et réagir – négativement – à votre tentative de réhabilitation du soldat DSK.
    En fait, la franchise la plus élémentaire m’oblige à écrire que je n’ai pas eu connaissance d’autant de fadaises (pour rester poli) depuis, disons, les dernières élections présidentielles (où j’avais lu dans son intégralité le discours de Ségolène Royal qui, pourtant, remportait la palme académique).
    Dominique Strauss-Kahn, libéral ?
    Laissez-moi rire.
    Tout, mais absolument tout indique que DSK n’a rien d’un libéral, et ce tant du point de vue de ses idées politiques que de ses idées économiques (à moins que vous ne fassiez partie des gens qui disent que Pierre Bérégovoy était un libéral, parce qu’il a réformé l’escompte en créant les bordereaux Dailly, que Bush était un libéral parce qu’il était américain, que Sarkozy est libéral parce qu’il a des amis dans le grand patronat, etc……).
    Certes, vous pouvez me répliquer, par exemple, que DSK s’est illustré en économie. Certains prétendent même que c’est grâce à lui que la France a privatisé ses plus grandes entreprises publiques !
    Les tenants de ce nouveau conte de fées oublient juste de préciser que c’est surtout grâce à la ténacité de la Commission européenne, l’administration française – sous ses ordres – n’ayant fait que s’opposer au projet. On en a tous les jours la preuve (parce que, bon, la privatisation aujourd’hui est loin d’être achevée, non ???).

    Votre erreur, Monsieur Simonnot, est celle de beaucoup de gens : croire dans ce que disent les gens. Pour ma part je ne crois que dans les faits : aussi ne sont-ce pas les paroles qu’il convient d’écouter, mais les faits qu’il faut examiner.
    Au hasard, je surfe sur Légifrance, et que vois-je ??
    La loi n° 2001-420 du 15 mai 2001 relative aux nouvelles régulations économiques (NRE pour les intimes), aberration juridique visant à amoindrir la liberté de gestion des entreprises, via toute une série de mécanismes détournés de leur fin véritable ? C’est de lui.
    Les emplois jeunes et autres emplois aidés, véritables trappes-à-chômage ? C’est encore de lui.
    Les 35 heures ? D’accord, ce n’est pas de lui. Mais il y a apporté sa caution de spécialiste de l’économie, car, comme il a pu le dire, une fois la loi appliquée « la hausse du coût du travail sera très limitée, sinon inexistante pour les entreprises qui sauraient réorganiser leur mode de fonctionnement. »

    Vous me direz peut-être que DSK, véritable libéral, a été obligé de dire le contraire de ce qu’il pensait, de crainte que ses « amis » socialistes ne le mettent en charpie. C’est un argument fort peu convaincant. Car DSK n’a pas été que ministre : élu du Val d’Oise et maire de Sarcelles, il a eu en charge de services publics locaux.

    Vous conviendrez sans peine que tout élu local ayant des convictions libérales privilégiera de se recentrer sur les fonctions essentielles des collectivités territoriales (à savoir : assurer la police) et déléguera au privé les tâches économiques (les fameux partenariats public-privé).
    Qu’a fait DSK ? Il a supprimé les contrats liant l’administration aux entreprises privées, afin de les remettre en régie, et dire à ses électeurs que la gauche ne fricote pas avec ces "salauds" du privé. Très libéral, tout ca…

    En fait, et si j’avais suffisamment de temps pour cela, il me serait aisé de « lister » tous les aspects antilibéraux de DSK.

    Pourtant, je ne les critique pas : et pour rassurer ceux qui s’insurgeraient des propos que je tiens ici, je le dis et le redis : je respecte cet homme, simplement parce qu’il est en accord avec ses idées.

    En effet, DSK est un social-démocrate. Il n’est donc pas socialiste (ce qui est déjà bien) pas plus qu’il n’est un libéral (ce que je regrette, et explique nos divergences de vue).

    Posté par Philippe Jaunet, 03 mars 2011 à 20:44 | | Répondre
  • Mon véritable problème est que votre argumentation tient vraisemblablement au fait que DSK serait un disciple de Gary Becker, ce qui suffirait à en faire un libéral.
    Argument totalement irrecevable : ce n’est pas parce que, dans votre jeunesse, vous avez été adepte d’une théorie A, que plusieurs années plus tard, vous serez ipso facto disciples de la même théorie A…
    Les gens changent avec le temps.

    Ainsi, les deux responsables directs du gâchis financier auquel sont soumis les USA à l’heure actuelle – je parle bien évidemment d’Alan Greenspan et de Ben Bernanke – étaient, dans leur jeunesse, des libertariens convaincus, adeptes d’Ayn Rand et Milton Friedman.
    Ont-ils pour autant mené une politique libérale ?

    En outre, vous affirmez que Gary Becker est un libéral. Précisons ; aussi, et pour ceux qui l’ignorent, dois-je rappeler que Gary Becker est un économiste néoclassique (donc plus proche de Walras que de Menger), théoricien de Law and Economics.

    Son credo, pour faire simple, est de mettre de l’économie partout. Un homme sort avec une femme ? Vous parlez d’amour ? Vous n’y êtes pas du tout !!! Il y a juste un agent totalement rationnel qui , à la suite d’une asymétrie d’information, va chercher à séduire un agent de sexe opposé afin de satisfaire ses besoins… Ou encore : un couple élève ses enfants. Ils leur apprennent les bonnes manières. Est-ce un bien ? Non, dit Becker : les parents apprennent la morale aux enfants pour profiter d’un retour sur investissement ; la famille, premier centre de propagande…
    Certes, Becker est un grand nom du Law and Economics (moins grand que d’autres, tout de même). Pour ceux qui ont eu le privilège de lire ses écrits, et qui ont au préalable quelques connaissances en droit, ils admettront sans peine qu’il ne s’intéresse jamais aux concepts juridiques qu’il évoque ; et il n’est pas anodin de constater qu’aussi bien des juristes, que des économistes libéraux – des vrais, je veux dire : de l’école autrichienne - ont critiqué ses thèses, soit inspirées d’autres auteurs, soit personnelles, mais alors tout à fait superficielles. Et vous l’érigez en modèle pour les libéraux ?
    Pendant la crise des subprimes, Becker n’a rien osé dire. Même Posner, avec qui il partage un blog, a indiqué ne rien comprendre à la crise financière : il ne l’avait pas vu venir (http://www.becker-posner-blog.com/2007/12/the-subprime-mortgage-mess--posners-comment.html). Alors que dès 2003, des économistes « de second rang », certes non diplômés de Chicago mais pourvus d’un minimum de bon sens, annonçaient la faillite du modèle organisé autour de Fannie Mae et Freddie Mac.
    A-t-il pris la plume pour défendre le marché ? Non, il n’a rien dit. Posner, lui, s’est battu ; mais la vérité oblige à dire que ce sont surtout les économistes Autrichiens qui se sont battus.
    Alors, entre un économiste engagé comme Thomas Sowell, et un Gary Becker, qui veut mettre de l’économie partout sans comprendre que l’homme n’est pas un homo oeconomicus, mais un être fait de chair et de sang, j’ai fait mon choix…

    De même pour Dominique Strauss-kahn. Et j’espère qu’aucun libéral ne donnera ses voix à un tel représentant de la sociale-démocratie, et ce afin que la France ne retombe pas encore une fois sous le joug de la gauche.

    Posté par Philippe Jaunet, 03 mars 2011 à 20:45 | | Répondre
  • Laurent Wauquiez sur l'échelle de Jacob

    Laurent Wauquiez a monté un barreau de l'échelle de Jacob (Christian). Il a estimé jeudi 03/03/2011 que DOMINIQUE STRAUSS-KAHN
    n'était "pas en osmose avec la France des territoires"


    "Dominique Strauss-Kahn est quelqu'un qui a perdu le contact avec ça, qui n'a pas du tout cette même osmose avec cette France des territoires".
    "C'est d'ailleurs aussi pour ça que je trouve que c'est important qu'on n'oublie pas ce chemin là. Je trouve que ce message que porte Dominique Strauss-Kahn dans la mondialisation, qui est finalement celui d'une mondialisation sans douleur, sans saveur, qui se joue dans des grandes capitales internationales, c'est très loin de nous, tout ça."

    Christian Jacob est seulement député. Laurent Wauquiez est ministre, chargé des Affaires européennes.
    Le "contact avec ça" mériterait toute une analyse...

    Posté par SIMONNOT, 04 mars 2011 à 12:45 | | Répondre
  • A l'attention de Philippe Jaunet

    Où avez-vous pris que je tenais DSK pour un libéral ?

    Posté par SIMONNOT, 04 mars 2011 à 16:15 | | Répondre
  • Sarcelles, la caution 100% terroir de DSK

    Sarcelles, la caution 100% terroir de DSK | Slate
    www.slate.fr
    La ville du nord-est de Paris est l'atout numéro 1 de Dominique Strauss-Kahn. Mais quel héritage y a-t-il laissé?

    Posté par SIMONNOT, 04 mars 2011 à 16:48 | | Répondre
  • Wauquiez en remet une couche

    "À Washington, DSK a perdu cette osmose avec la France des territoires", a lancé Laurent Wauquiez au sujet du patron du FMI, candidat potentiel du PS à la présidentielle (voir le live de La Montagne.fr, à 13h19).

    Posté par Le Morthomme, 05 mars 2011 à 18:35 | | Répondre
  • Le terre elle ne ment pas

    "La terre,elle, ne ment pas", dixit Pétain en juin 1940

    Posté par Le Morthomme, 05 mars 2011 à 18:38 | | Répondre
  • Appel à DSK

    Un petit groupe d'élus socialistes girondins, à commencer par le maire du Taillan Médoc Ludovic Freygefond, également premier secrétaire fédéral du PS, lance un appel pour une candidature de Dominique Strauss-Kahn aux primaires socialistes, sur le site internet LaGirondepourDSK.fr .

    "Dominique Strauss-Kahn est aujourd’hui le mieux à même de rassembler les Français pour porter un projet clair et fort. Si nous souhaitons sa candidature, c’est parce que son action permettrait à la France de surmonter la crise et de retrouver l’espoir, là où elle est aujourd’hui minée par un profond pessimisme", peut-on lire sur le site.

    Il s'agit d'une première nationale. Les Girondins espèrent que cette initiative fera boule de neige.

    Posté par Girondo, 05 mars 2011 à 18:55 | | Répondre
  • Eéaction de Mosco

    Le socialiste Pierre Moscovici a dénoncé des propos selon lui "honteux et scandaleux" de Laurent Wauquiez sur "les racines" de Dominique Strauss-Kahn prononcés après le discours de Nicolas Sarkozy au Puy-en-Velay appelant à assumer l'héritage chrétien de la France.

    Interrogé par des journalistes qui lui demandaient si le but de la visite du chef de l'Etat au Puy-en-Velay, haut-lieu de la chrétienté, était de se différencier du directeur général du FMI en vue de 2012, M. Wauquiez, maire de la ville, avait répondu : "ce n'est pas la même approche, Dominique Strauss-Kahn est à Washington, il a sûrement une très belle maison qui donne sur le (fleuve) Potomac. Ce n'est pas la Haute-Loire, ce n'est pas ces racines-là".

    "Laurent Wauquiez est un garçon pour lequel j'ai plutôt de la sympathie", "c'est un européen de conviction, c'est un garçon cultivé, il a été normalien, major de l'agrég(ation) d'histoire, major de l'Ena, et le voilà qui profère des propos énormes et honteux" sur Dominique Strauss-Kahn, a dénoncé le député du Doubs sur i-TELE et Radio Classique.

    "Juste après que Nicolas Sarkozy ait évoqué les racines chrétiennes" de la France il dit que DSK "ce ne sont pas ces racines-là", a-t-il pointé. "Je n'ai pas pensé pas que Christian Jacob (qui a reproché à M. Strauss-Kahn de ne pas représenter "la France des terroirs", ndlr) soit antisémite, je ne pense pas que Laurent Wauquiez soit antisémite (...) En revanche, s'agissant de quelqu'un comme lui, agrégé d'histoire, il sait très bien ce qu'il fait", a-t-il dit.

    "C'est du fayotage, c'est de la courtisanerie mais derrière tout cela" il y a aussi "une stratégie qui vise à déstabiliser Dominique Strauss-Kahn sur un plan très personnel dont je ne doute pas qu'elle vienne d'en haut", a accusé M. Moscovici. Selon lui, le ministre doit "retirer" ses propos car "il a mordu le trait". Avec de telles déclarations, la campagne présidentielle risque de "tomber très, très vite dans la boue", a-t-il lancé.

    Posté par Girondo, 05 mars 2011 à 20:36 | | Répondre
  • Hamon n'est pas sûr que DSK soit candidat

    Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a déclaré dimanche sur Radio J n'être «pas sûr» que le patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, soit candidat aux primaires socialistes pour la présidentielle.


    Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn ne seront pas candidats ensemble à ces primaires, «ils l'ont dit l'un et l'autre». «Et moi je ne suis pas sûr que DSK sera candidat aux primaires», a-t-il dit.


    Réaffirmant sa préférence pour Mme Aubry, «la plus légitime» pour porter les couleurs du PS en 2012 selon lui, M. Hamon «pense» qu'elle a la volonté nécessaire pour être candidate.



    «Je pense en tout cas qu'elle veut répondre aux problèmes des Français. L'idée qu'elle ne voudrait pas exercer demain des responsabilités de haut niveau me paraît assez curieuse», a-t-il insisté.

    Posté par Girondo, 07 mars 2011 à 10:31 | | Répondre
  • http://www.contrepoints.org/?p=15979

    http://www.contrepoints.org/?p=15979
    à lire

    Posté par Deep Pocket, 07 mars 2011 à 10:59 | | Répondre
  • Philippe Simonnot a dit: "Où avez-vous pris que je tenais DSK pour un libéral ?"

    Ma réponse est simple. D’ici : "DSK a été un disciple de l’École de Chicago."
    Et de là : "Les Strauss-Kahniens … se gardent bien de rappeler la source néo-libérale d’inspiration de leur champion".
    Ou encore : "Une autre fortification, derrière laquelle Strauss-Kahn s’abrite quand il s’exprime (rarement) sur ses convictions est que son socialisme à lui, c’est « le marché plus la justice sociale », que pour répartir des richesses, il faut d’abord les produire, etc, etc. C'est ce qu'il a répété lors de son dernier passage à Paris…"

    Sans oublier ceci : votre ouvrage de politique fiction, Le jour où la France sortira de l'euro.

    Sans compter cela : que, déçu du sarkozysme – c’est tout à fait palpable dans votre livre – vous vous efforcez de prendre la défense de DSK face aux odieux hommes de droite (Jacob, Wauquiez…) qui osent manifester leur dégoût de celui que la bien-pensance voit être président en 2012.

    Ou quand, au cours de vos débats publics pour nous exhorter à sortir de l’euro (avant de dire qu’il faut maintenir cette monnaie en en revenant au bon vieux étalon-or, bref la théorie ordolibérale classique) vous évoquez Deutschemark en oubliant de rappeler que la force de ce beau pays qu’est l’Allemagne, ce sont les libéraux, disciples de Ludwig Erhard, et non les sociaux-démocrates de pacotille comme Schmidt ou Schröder, qui ont mené ce pays à la ruine, même si l’on a de cesse de rappeler qu’ils furent plus "libéraux" que nos socialistes nationaux (ce qui, il faut bien l’avouer, n’est guère difficile).

    Mais laissons ces divers constats de côté : s’il s’avérait – comme certaines personnes ont souhaité me l’indiquer – que vous ne preniez pas DSK pour un libéral, mais pour ce qu’il est vraiment – c’est-à-dire, un politique, donc une girouette, dépourvu de toute conviction politique – je m’excuserais de cette confusion, et d’avoir pu croire que vous souteniez DSK…
    Pour autant, avouez qu’il est difficile de suivre le fil directeur de votre pensée sur ce point.

    Alors : pour vous, DSK est-il un libéral – ou pas ? Et, dans la négative, pourquoi diable cette allusion à Becker qui, bon gré, mal gré, demeure un libéral ?

    Posté par Philippe Jaunet, 07 mars 2011 à 22:01 | | Répondre
  • DSK LIBERAL ?

    Cher Philippe Jaunet
    Becker est un néo-classique, et je suppose que DSK son disciple l'est. Or cette école enseigne que l'optimum est atteint seulement quand la concurrence est pure et parfaite. Comme la concurrence n'est jamais ni pure ni parfaite, il s'ensuit que l'Etat doit intervenir pour corriger le marché afin de se rapprocher de la pureté et de la perfection. En supposant que l'Etat est lui-même pur et parfait, ce qu'il n'est évidemment pas. Bien sûr cette intervention de l'Etat n'aboutit qu'à fausser un peu plus le marché et justifie ainsi d'autres interventions dans un cercle vicieux que nous connaissons trop bien, où l'Etat se légitime lui-même.
    J'aurais mieux fait de parler, en effet, d'inspiration néo-classique des strauss-khaniens, ç'eut été plus clair. Mais j'ai craint que ce terme fût peu compréhensible. Vous me permettez de faire cette mise au point. Merci.
    J'ajoute que l'école néo-classique est positiviste - ce qui va à l'encontre du postulat de la liberté de l'homme.
    Pour résumer, Becker n'est pas un libéral, et DSK, s'il est resté son disciple, non plus.
    N.B. : Je ne prends pas la défense de DSK dans mon livre : Le jour où la France sortira de l'euro. Je lui prête, en désespoir de cause, l'intention de sortir de l'euro par un rétablissement de l'étalon or dans sa forme 19èmiste. Mais, si vous m'avez bien lu, vous verrez que ma préférence va à une réintroduction de la monnaie or par le marché, et d'abord en supprimant le cours légal de l'euro. Je n'ai pas osé imaginer que DSK irait jusque là.
    Maintenant, puis-je vous demander d'être un peu amical dans vos remarques, si justifiées soient-elles?

    Posté par SIMONNOT, 07 mars 2011 à 22:51 | | Répondre
  • Carrière de DSK

    * 1994 : il participe à la création du « Cercle de l’industrie », lobby des industriels français au sein de l’Union européenne. Y sont représentés : Rhône-Poulenc, Lafarge, Pechiney, Elf, L’Oréal, Bull, Schneider, Renault, Total…

    * 1997 : ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie de Lionel Jospin, il supervise les ouvertures de capital (France Télécom, Air France, Thomson, EADS...) et les privatisations (Crédit lyonnais, GAN, CNP, CIC, Autoroutes du Sud de la France...) qui s’enchaînent à un rythme inégalé (42 milliards par an en moyenne contre 38 pour le gouvernement Balladur et 27 pour le gouvernement Juppé). En décembre, il annonce vouloir relancer la réflexion sur les fonds de pension.

    * 1999 : il baisse le taux d’imposition des stock-options de 40% à 26%, ce qui représente un bénéfice de 4 milliards de francs pour 12 000 privilégiés.

    * 2000 : il participe à la Conférence annuelle du Groupe de Bilderberg, un rassemblement des plus puissants hommes d’affaires, dirigeants et hommes de médias dans le monde.

    * 2003 : il co-fonde avec Michel Rocard le club de réflexion À gauche, en Europe qui soutient très tôt et de façon inconditionnelle le Traité constitutionnel européen. En mai 2005, il sort un DVD en faveur du « oui ».

    * 2007 : il devient directeur général du FMI sur proposition de Jean-Claude Juncker (cet homme politique luxembourgeois est l’un des architectes du traité de Maastricht) et Romano Prodi (ancien président de la Commission européenne), avec le soutien actif de Nicolas Sarkozy et avec l’accord du président des États-Unis George W. Bush.

    * 2008 : A propos de la Tunisie de Ben Ali :
    « Je m'attends à une forte croissance en Tunisie cette année, la politique économique adoptée ici est une politique saine. ». Et puis : La Tunisie « constitue un bon modèle à suivre pour de nombreux pays émergents »

    Posté par Le Morthomme, 07 mars 2011 à 22:53 | | Répondre
  • "La terre ne ment pas"

    Emmanuel Berl est l'auteur de cette formule, qu'il a "soufflée" à Pétain

    Posté par Le Morthomme, 07 mars 2011 à 22:55 | | Répondre
  • @ Philippe Simonnot : Vous écrivez "puis-je vous demander d'être un peu amical dans vos remarques, si justifiées soient-elles?"

    Je m’excuse si j’ai pu vous blesser dans mes commentaires rédigés, il est vrai, sous le coup de l’émotion ou, si vous préférez, d’une colère que, je l’espère, vous comprendrez. Soutenir DSK… quoi qu’on en dise, ca fait un certain choc.

    Pour autant, je ne crois pas me tromper en écrivant que dans votre Economie du droit – tout comme dans vos 39 Leçons… – vous preniez fait et cause pour la méthode néoclassique et positiviste que vous semblez rejeter désormais.
    En effet, l’analyse économique du droit dont vous vous êtes fait le héraut en France prétend pouvoir révéler la raison d’être des règles (ce qui est bien) mais pas à la manière d’un Hayek, en rappelant que le droit est le produit d’un ordre spontané : en faisant appel à des concepts économiques contestables, comme la théorie des jeux, utile mais bien trop simplificatrice…
    Et s’il est vrai que vous reconnaissez l’efficience du droit primitif, vous n’exhortez pas vraiment à renouer avec l’ordre spontané, mais invitez plus votre lecteur à s’initier aux théorèmes de Chicago, pour améliorer le droit (approche qui, d’apparence libérale, constitue un « constructivisme » analogue à celui de tous ceux qui prétendent « réformer » le droit, par la législation étatique).

    Aussi me serais-je trompé, en voyant en vous un libéral plus néoclassique qu’autrichien ?
    (hormis sur la question de la monnaie qui, de toute facon, a toujours et continuera d’être une controverse entre libéraux).

    Bien cordialement,

    Posté par Philippe Jaunet, 07 mars 2011 à 23:45 | | Répondre
  • DSK2012.fr

    dsk2012.fr (DSK2012.FR) est en vente. Prix de lancement : 5000 €

    Posté par DEEP POCKET, 08 mars 2011 à 10:52 | | Répondre
  • Réponse à Jaunet

    Je vous remercie pour m'avoir lu aussi attentivement. J'ai pu varier dans mes expressions, mais il y a depuis longtemps un point fixe, me semble-t-il, dans ma navigation, c'est l'absurdité du concept de concurrence pure et parfaite.
    Cdt
    Ph S

    Posté par SIMONNOT, 08 mars 2011 à 11:51 | | Répondre
  • erreur

    Quoiqu'elle soit diabolisée en France, l'Ecole de Chicago n'est pas ce qu'on veut bien faire croire. Je vous renvoie à un livre de Don Patinkin, socio-démocrate bon teint, intitulé "Essays On and In the Chicago Tradition...." dont j'ai eu l'heur de faire un compte rendu en 1984 cf. http://blog.georgeslane.fr/post/2005/10/01/61-l-ecole-de-chicago.

    Becker et Friedman font deux.

    Milton Friedman et ses amis du département de l'Université de Chicago ont donné vie et fait connaître le courant macroéconomiste "monétariste". Gary Becker n'en faisait pas partie.

    Malheureusement, la vulgate françase a identifié dans la foulée l'Ecole de Chicago au courant monétariste. C'est une erreur.

    Pas plus que Patinkin (décédé il y a quelques années), Becker, bien en vie, n'est donc monétariste.

    Certes, contrairement à Patinkin, Becker n'est pas socio démocrate.

    Quant à la thèse de Strauss-Khan, elle est un modèle de pensée sociale-démocrate jouant avec des chiffres de la comptabilité nationale...

    En complément, je vous renvoie à ce texte de 1998 : http://www.facebook.com/note.php?saved&¬e_id=186422764726611

    Posté par G.L., 08 mars 2011 à 14:44 | | Répondre
  • @ Philippe Simonnot : "il y a depuis longtemps un point fixe, me semble-t-il, dans ma navigation, c'est l'absurdité du concept de concurrence pure et parfaite".

    Ceci est tout à fait certain. Du reste, seuls de "faux" économistes - keynésiens aussi bien que néoclassiques - sont capables d'admettre un concept aussi éculé que la concurrence pure et parfaite; et croyez-bien que je n'ai jamais pensé que vous puissiez commettre une telle erreur !

    @ Georges Lane : tout à fait d'accord.
    Les Français ne comprennent rien à l'économie et encore moins à l'histoire des idées; à l'évidence, et sauf à y voir un symbole des idées néolibérales quelque peu fantasmé, Chicago n'existe pas. Ou alors, oui il y a une école de Chicago mais simplement, c'est un moyen d'y rattacher des auteurs plutôt libéraux puisqu'il faut y englober des auteurs qui vont de Knight à Zingales, en passant par Coase et Friedman (4 générations d'économistes, 4 types de pensées différentes !!!).

    Et le monétarisme n'est évidemment pas à confondre avec les "nouveaux" auteurs de Chicago (qui d'ailleurs se désintéressent de la monnaie).

    Nota: Le lien que vous donnez est mort; ceux qui voudront lire votre article sur Patinkin doivent se rendre sur ;
    http://blog.georgeslane.fr/category/Harmonies-economiques/page/2

    Posté par Philippe Jaunet, 08 mars 2011 à 20:31 | | Répondre
  • DSK-KUWAIT GATE

    Pour mieux comprendre pourquoi D$K ne se présentera pas en 2012 :

    http://www.ouvertures.net/portail/l_id.asp?doc_id=442

    http://2477news.com/Assignation-devant-le-TGI-de-Paris-de-Monsieur-l-Agent-Judiciaire-du-Tresor_a778.html

    Posté par BASANIX, 08 mars 2011 à 21:43 | | Répondre
  • Le « Kuwait Gate » gêne DSK
    Médialibre.eu - Il y a 15 heures
    L'assignation qui se trouve sur le bureau de l'huissier du Tribunal de grande instance (TGI) de Paris ressemble à une bombe à retardement. L'objet de la demande émane d'un citoyen niçois, Christian Basano, et vise à « condamner l'Etat français à ...

    Posté par Deep Pocket, 09 mars 2011 à 14:58 | | Répondre
  • Le socialisme selon DSK

    "Ne pas promettre l'impossible"...
    Sur Canal Plus, dimanche

    Posté par Le Morthomme, 14 mars 2011 à 10:35 | | Répondre
  • Anti date et antidote

    "Petites affaire entre amis"

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_de_la_MNEF


    "Poursuivi pour "faux et usage de faux" dans l'affaire de la Mutuelle nationale des étudiants de France (Mnef), l'ancien ministre de l'Economie a obtenu une relaxe. Le tribunal correctionnel de Paris a estimé que les quatre documents produits pour justifier une mission d'avocat-conseil pour la Mnef et qui avaient été antidatés, résultaient de simples erreurs ou de régularisations administratives. En novembre 1999, Dominique Strauss-Kahn avait quitté Bercy à cause de cette affaire."
    http://lexpansion.lexpress.fr/economie/mnef-dominique-strauss-kahn-relaxe_81799.html

    Posté par G.L., 14 mars 2011 à 17:08 | | Répondre
  • Vrai ou faux DSK

    Le site "Vrai Faux" sur DSK provisoirement interdit aux employés de Bercy

    Posté par Le Morthomme, 01 avril 2011 à 11:30 | | Répondre
  • En dénonçant le "côté obscur" de la mondialisation, Dominique Strauss-Kahn envoie un message aux électeurs français en pleine préparation du projet du parti socialiste pour l'élection présidentielle de 2012.

    Le directeur général du FMI, le Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn, ex-ministre des Finances socialiste du gouvernement Jospin, au tournant des années 2000, gauchiserait-il son discours en vue de l'élection présidentielle de 2012 à laquelle il pourrait participer une fois passé l'obstacle des primaires socialistes ?

    Il a en tout cas déclaré lundi soir que si la mondialisation avait permis de sortir de la pauvreté des millions de gens dans le monde, elle avait aussi un "côté obscur" et provoquait des écarts croissants entre riches et pauvres.

    Dominique Strauss-Kahn envoie ainsi un message aux électeurs français en pleine préparation du projet du parti socialiste pour l'élection présidentielle de 2012.

    Posté par DEEP POCKET, 05 avril 2011 à 11:27 | | Répondre
  • Tapie/DSK

    Affaire Tapie : la coûteuse décision de Strauss-Kahn

    Selon Mediapart, DSK, ministre des Finances lors de la privatisation du Crédit lyonnais, a entériné le choix que l'Etat prenne en charge un "certain nombre de risques contentieux".
    Mots-clés : politique, economie, tapie, credit lyonnais, sarkozy, strauss-kahn

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    Dominique Strauss-Kahn (c) Afp Dominique Strauss-Kahn (c) Afp

    Selon une enquête de Mediapart, publiée mercredi 6 avril, Dominique Strauss-Kahn est à l'origine de la décision qui a conduit au versement, par l'Etat, de 390 millions d'euros à Bernard Tapie.
    Sur le même sujet

    * Affaire Tapie : Lagarde collaborera "en totale transparence"
    * Jean-Marc Ayrault : "Christine Lagarde perd son sang-froid"
    * Bernard Tapie : une fortune de 260 millions d'euros
    * Tapie-Adidas : quinze ans de procédure
    * Affaire Tapie : Christine Lagarde contre-attaque
    * Affaire Tapie : les députés PS saissisent la Cour de Justice de la République

    La décision en question date de 1999, alors que DSK était ministre des Finances. Il supervisait alors la privatisation du Crédit lyonnais. Le modèle finalement retenu donne l'assurance au futur acquéreur, le Crédit agricole, que l'Etat s'engage à rembourser d'éventuelles ardoises. Une décision ruineuse pour les finances publiques.

    Médiapart publie une lettre en date du 17 mars 1999, adressée à Jean Peyrelevade, président du Crédit lyonnais. Dominique Strauss-Kahn y donne la garantie qu'un "certain nombre de risques contentieux" resteront à la charge du Consortium de réalisations (CDR).

    Cette lettre figure dans le dossier de la Cour des comptes, qui examine actuellement le dossier Tapie et pourrait prendre des sanctions.

    A l'époque, l'Affaire Tapie était juridiquement au point mort. Aujourd'hui, elle pourrait éclabousser l'actuel directeur du FMI et éventuel candidat à la primaire socialiste.

    Posté par DEEP POCKET, 07 avril 2011 à 12:14 | | Répondre
  • DSK VICTIME DE SARKOZY

    Il se pourrait que DSK soit tombé dans un piège que lui a tendu Sarkozy dans la chambre 2806.

    Posté par DEEP POCKET, 11 octobre 2011 à 11:11 | | Répondre
  • dubai Hotels - hotel in dubai

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    Posté par dubai Hotels - h, 03 octobre 2012 à 00:01 | | Répondre
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